LE chantier des

collections textiles

Dans les coulisses du musée

Un chantier de fond pour les collections

Depuis plusieurs mois, le musée mène un important chantier de conservation préventive consacré à l’ensemble de sa collection textile. Derrière la porte fermée de la salle des costumes, robes, coiffes, châles, tabliers et capes sont repris un à un afin d’être inventoriés, contrôlés et reconditionnés.

Ce travail concerne plusieurs centaines de pièces conservées par le musée. Souvent invisibles pour le public, ces opérations sont pourtant indispensables pour assurer la bonne conservation des collections.

Chez "la Pauline"

Une réorganisation des espaces

Les horaires d’ouverture du musée ont été modifiés afin de dégager davantage de temps pour le travail mené sur les collections. La salle des costumes, dont la moquette fut entièrement lavée, reste également fermée au public pendant toute l’année afin de permettre ces opérations dans de bonnes conditions.

L’espace « La Pauline », consacré à la reconstitution d’un atelier de modiste, a également été supprimé. Son mobilier et ses collections ont été déplacés dans les réserves afin de libérer une zone de travail supplémentaire. Le démontage de la cloison permet désormais d’accueillir les grandes boîtes de stockage offertes gracieusement par le Centre National du Costume de Scène (CNCS).

Dépoussiérage

Reprendre chaque pièce individuellement

Chaque textile est sorti des réserves avec précaution afin d’être étudié dans le détail. Les pièces sont numérotées, photographiées, mesurées et documentées afin de compléter ou d’actualiser les fiches d’inventaire.

Un contrôle de l’état du vêtement est également réalisé pour repérer les fragilités éventuelles : usures, déformations, décoloration, coutures fragiles ou altérations liées au temps.

Les textiles sont ensuite dépoussiérés à l’aide d’un appareil de micro aspiration : un travail long et méticuleux. L’objectif est de stabiliser leur état et de limiter les risques de dégradation.

Le mille-feuille

Un nouveau conditonnement des textiles

Une grande partie du travail concerne le conditionnement des collections.

Tel un mille-feuille, les différents éléments d’un costume sont isolés grâce à des couches de papier de soie. Des boudins de papier de soie enroulés sont également insérés dans les manches afin d’en soutenir les volumes sans créer de tension sur le tissu. Plié en forme d’éventail, le papier de soie est aussi glissé sous les textiles des robes afin de redonner du gonflant aux jupes. Ce procédé permet d’éviter la formation de plis marqués dans les vêtements et accessoires, susceptibles de fragiliser, voire de casser, les fibres au fil du temps.

Les costumes et accessoires sont ensuite rangés dans des boîtes de conservation adaptées, offrant une meilleure protection contre la lumière, la poussière et les manipulations répétées.

Les bénévoles (formation)

Un travail collectif

Le chantier avance grâce à la mobilisation conjointe de l’équipe du musée et des bénévoles.

Marquage, constat d’état, aspiration, conditionnement… : de nombreuses opérations sont réalisées avec méthode et patience par notre équipe et nos bénévoles. Leur implication régulière et le temps qu’ils consacrent à ce travail constituent une aide précieuse pour l’avancée des opérations.

Le travail demande du temps, de l’organisation et beaucoup d’attention, chaque textile nécessitant des manipulations adaptées à son état de conservation.

Coiffe de batiste à double volants, ornée d'un large ruban de soie de couleur et d'un bouquet de fleurs articielles. 1855, Bourg-Argental

Redécouvrir la richesse des collections

Cette reprise systématique des collections permet également de redécouvrir la richesse du fonds textile conservé par le musée.

Au fil des semaines apparaissent une grande diversité de tissus, de techniques et de motifs imprimés datant principalement du XIXe siècle. Certains décors géométriques ou certaines associations de couleurs peuvent même sembler étonnamment contemporains.

Ce chantier apporte ainsi de nouvelles informations sur les vêtements conservés, leur fabrication, leurs usages et leur provenance.

Tablier en coton beige imprimé à motifs roses. Provenance : Saint-Galmier. Datation : 1860
Tablier de coton imprimé, blanc et brun. Provenance : Champdieu. Datation : 1850
Robe de coton mauve à motifs noirs. Provenance : Saint-Galmier. Datation : 1860

Auriez-vous imaginé que ce motif ait près de deux siècles ?

Avec ses petits carreaux réguliers et son allure graphique presque hypnotique, beaucoup l’imagineraient tout droit sorti des années 1950. On pourrait facilement le croire inspiré du design moderne ou de l’univers du textile contemporain. Et pourtant… Ce tissu date de 1825 !

Deux siècles nous séparent donc de ce motif étonnamment actuel. En observant cette robe, on réalise à quel point les créations anciennes peuvent encore nous surprendre et parfois même sembler plus modernes que certaines productions d’aujourd’hui.

Un tissu qui rappelle que la mode est un éternel recommencement.